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<rss version="2.0"><channel><atom:link rel="hub" href="http://tumblr.superfeedr.com/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"/><description>http://beauetbien.tumblr.com 


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tu verras, tout passe, tout s’arrange, rien n’est essentiel, &lt;br/&gt;
tout se remplace, sauf le pauvre refuge &lt;br/&gt;
où tout se transpose et s’oublie.”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; - &lt;em&gt;&lt;b&gt;Louis-Ferdinand Céline,&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;&lt;i&gt;carnets de prison.&lt;/i&gt;&lt;/em&gt;</description><link>http://beauetbien.tumblr.com/post/84709467</link><guid>http://beauetbien.tumblr.com/post/84709467</guid><pubDate>Mon, 09 Mar 2009 00:19:00 +0100</pubDate></item><item><title>'Je tue le temps' (extrait scène 1)</title><description>&lt;p&gt;&lt;p align="left"&gt;&lt;i&gt;/&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align="left"&gt;Le ciel était bizarre ce soir. Elle est là, elle attend. Il n’y a personne, et ça pue la pisse. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une personne passe. Certainement personnel de la SNCF avec la casquette et tout, qui se ramène et  lui dit, madame, il n’y a plus de train avant quatre heures du matin, il fait drôlement froid dehors est-ce que vous allez bien, madame ?… Alors elle ne le regarde pas. Mais il continue de parler et lui dit madame, on vous a vu toute la journée assise sur ce banc, moi et mon collègue, vous ne sortiez que pour aller au toilettes. Vers midi, c’est vrai vous avez pris un Jambon-beurre-cornichons avec une Cristaline et un pain suisse. Aussi vous avez acheté un magazine que vous avez feuilleté un peu, puis rangé dans votre sac. Sinon vous êtes restée là, le matin, l’après midi et le soir sans bouger. Ni les mains, ni la tête, même les yeux. Immobile entre la voie X et la voie Y, derrière le transformateur, on vous a regardé moi et mon collègue, longuement, soigneusement, et on vous on vous a trouvé triste. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On hésitait entre la mélancolie et la peine, le désespoir et l’abattement. Puis on s’est dit que c’était peut être un peu tout ça. Ou alors que ce n’est pas de la tristesse, hein, mais de la détermination, ténacité, fermeté, ce genre de choses. Ou alors, vous faites grève, et dans ce cas, j’imagine que vous ne bougerez pas d’ici avant d’avoir trouvé satisfaction. Peut-être en voulez vous à quelqu’un, ou a quelque chose. Vous en avez marre en fait, vous saturez. Vous vous dites qu’il est temps de passer à autre chose. Moi et mon collègue, on s’est dit que c’était peut être ça.  Vous voulez être le caillou dans l’engrenage, celui qui dit « ouh ouh, je suis là, j’existe et je vous emmerde ! ». Celui qui bloque tout, qui fout une merde pas croyable. Les poulies pètent, les fusibles sautent, le générateur fume, le variateur de vitesse aussi, il y a des étincelles,  tout s’enflamme, tout fond. Et le caillou, lui, se marre, content de tout ce joyeux bordel, il se sent enfin exister, et ajoute sournoisement que c’est bien fait, qu’il aurait mieux valu l’écouter avant, et que maintenant c’est trop tard….&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Hein, c’est ça ? Vous voulez être ce caillou ? Vous êtes ce caillou ? Hein ? Dites ?… Enfin, c’est peut être pas ça. Le caillou, lui, emmerde son monde. Vous, vous n’embêtez personne. Vous êtes absente, insoupçonnable, invisible. Vous symbolisez le néant, ou quelque chose comme ça. Vous vous noyez dans le flux incessant des gens qui passent et qui repassent. Qui se disent bonjour et au revoir. Qui se font des bisous, qui se serrent dans les bras, et font coucou derrière le double vitrage, au milieu de ces hommes d’affaire tête dans leur journal, grisonnants, arrogants. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vous faites attention à eux ? à tout cela ? Non. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bien sur que non. Se serait trop facile, bien trop facile. Vous, vous restez là, et vous ne bougez pas. Vous ne les suivez pas du regard, vous les voyez juste passer, brièvement. Où alors, vous ne les regardez même pas. Vous ne voyez plus rien. Mais c’est volontaire. Vous en avez marre de voir. Pas que le monde vous agace non, vous n’en voyez juste plus l’intérêt. Vous ne percevez plus rien d’engageant. Voir vous ennuie. Voir c’est fatiguant, parce que c’est attendre une étincelle qui ne vient pas. Voir coûte d’ouvrir les yeux à tout ce que l’on ne voudrait pas voir. Et vous capitulez. Et vous n’attendez rien. Que faites vous ici alors ? A quoi bon aller dans une gare si c’est pour faire autre chose qu’attendre ? C’est absurde. Rien ne viendra, je vous l’assure. Non, j’ai trente ans de métier ici vous ne me ferez pas gober ça. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Même vous, sous vos airs sinistres, vous attendez, au fond de vous, hein ?… Avouez le. Une personne. Une odeur. Une image. Un geste. Un regard, une caresse. Un je-ne-sais-quoi. Vous espérez. Peut-être, même si… même si vous avez l’espoir sombre, l’espoir mauvais. On s’est dit ça, moi et mon collègue, que vous avez l’espoir mauvais, ou quelque chose comme ça. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Madame on vous a vu toute la journée assise sur ce banc, vous ne sortiez que pour aller aux toilettes. Vers midi, c’est vrai vous avez pris un Jambon-beurre cornichons avec de l’eau Cristaline et un pain suisse. Sinon vous n’avez pas bougé de la journée. La tête droite, les yeux rivés vers le panneau publicitaire. Que feignez de regarder. Immobile entre la voie X et la voie Y, derrière le transformateur. La pluie vient de tomber, vous n’êtes pas tout à fait à l’abri ici. Il fait froid et cela n’est pas raisonnable. Il est dangereux de rester à cette heure. Une gare, vous savez ce n’est pas protégé. Une gare vous savez, c’est sombre et pernicieux. Il n’est pas conseillé de rester ici à une heure pareille. Personne ne le conseille. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En tout cas moi et mon collègue on s’est dit qu’il fallait vous le dire, que cela nous libérerait d’un poids. Que quelque soit votre décision, on dormirait mieux. On se sentirait apaisé. Qu’au moins on se serait dit au moins on lui a dit, après elle a fait ce qu’elle a voulu c’était plus notre problème. Hein, ce n’était pas non plus notre problème. Mais qu’on aura servi a quelque chose dans cette affaire. Compter un peu dans le dispositif. Un acte de présence dans votre existence.&lt;/p&gt;
&lt;p align="right"&gt;-&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://beauetbien.tumblr.com/post/84692620</link><guid>http://beauetbien.tumblr.com/post/84692620</guid><pubDate>Sun, 08 Mar 2009 22:59:00 +0100</pubDate></item><item><title>Elodie, Troisième</title><description>&lt;p align="right"&gt;—————————————————————-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C’était Samedi dernier, devant la télévision, sans franchement la regarder. Elodie et moi, nous nous parlions, sans vraiment s’écouter. Presque allongée, dos contre le mur, elle terminait la confiture de fraise de ma maman. Et la cuillère dans la bouche, il lui arrivait d’inspirer doucement en fermant les yeux, et c’était très beau.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;br/&gt;Moi : &lt;/b&gt;De manière générale, il ne faut pas m’en vouloir. Je suis un garçon un peu torturé qui confond le beau et le bien. Le fantasme et l’espoir. Le silence et l’intelligence. La vie, et les chansons de Lio des eighties. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Elodie :&lt;/b&gt; Les ennuis commencent à partir du moment où un garçon me dit que je suis jolie, hors du commun, spéciale, ce genre de bêtises que tu connais bien. Où quand un garçon me dévisage, en murmurant « à très vite » avec un petit sourire idiot. Là, souvent, bon, une fois sur deux, je plonge, pour faire comme une « vraie » fille. Je le laisse m’aimer quoi, avant de ne plus pouvoir tenir puis l’abandonner, lorsque mon manque-tendresse est rassasié. Tel est mon perpétuel processus. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Moi : &lt;/b&gt;Je me demande pourquoi &lt;i&gt;MTV&lt;/i&gt; a été retiré du Bouquet TV de la &lt;i&gt;Freebox&lt;/i&gt;…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Elodie :&lt;/b&gt; La vérité, je crois, c’est que suis attiré par les hommes qui ne viendront jamais vers moi, ceux-là, dont je n’aurais jamais le cran d’aller voir. Tu vois, je n’ai pas tant confiance en moi que cela, je me laisse porter par le courant ; Je ne sais où il me mènera, mais au moins, je ne coule pas.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Moi :&lt;/b&gt; Elle ne m’a pas regardé. &lt;i&gt;Tu le crois ça ?&lt;/i&gt; Jamais vraiment. J’étais à côté, une entité quelconque. Un individu, un type, un gars, un passant juste un peu insistant. Rien pour ainsi dire, ou presque, de toute évidence pas assez. J’ai tenté d’être drôle, simple, taché de sourire plus que de coutume,  d’entamer deux-trois conversations, hâtivement étouffées dans l’oeuf, inanité oblige. Tout est si prévisible, tout se répète, tout se confirme. Réinitialiser son programme à chaque histoire, et les mêmes conclusions, amères, cruelles, incroyablement pitoyables. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Elodie&lt;/b&gt; : Mon pauvre petit chou. Je vais te plaindre. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Moi&lt;/b&gt; : Mais vas-y, plains moi, je t’en prie. Je tiens, moi aussi, à jouer mon rôle de pessimiste culturel français, celui que fustigeait Emmanuel Todd ce matin sur &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;. Être le petit intello narcissique, autistique, condescendant et mélancolique, se foutant de la marche du monde, refusant de se dévouer à collectivité (tout en affirmant le contraire), avant tout obsédé d’épanouissement corporel, sexuel, esthétique. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Elodie : &lt;/b&gt;Mais ta gueule !… Tu es ridicule. Et moi-même, je suis ridicule. Je suis une caricature, qui je pense n’existe pas dans la vie réelle. Tu es obsédé par le mythe de la nymphette, Lolita ou tout ce que tu veux, tu es triste alors me voici créé. Et après mon loulou, &lt;i&gt;et après ?&lt;/i&gt;… Mon personnage n’est là que pour confirmer tes théories vaseuses, du type femme fatale, Cruella à peau dorée au sourire mutin et aux ongles manucurés. Voilà la vérité : tu amplifies, tu simplifies, tu tiens avec ma présence à te complaire dans ta propre merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;/&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Ainsi Samedi dernier, elle et moi regardions la télé, et le temps passait lentement. &lt;/b&gt;Presque allongée, dos contre le mur, Elodie semblait s’endormir. A la télévision il y avait les Victoires de la Musique. Et Bashung qui reçoit son troisième trophée, &lt;a target="_blank" href="http://www.dailymotion.com/video/x8j32a_bashung-resident-republique-live-vd_music"&gt;puis chantonne&lt;/a&gt; &lt;i&gt;« Un jour je t’aimerai moins / Jusqu’au jour où je ne t’aimerai plus / Un jour je sourirai moins / Jusqu’au jour où je ne sourirai plus »&lt;/i&gt;. &lt;a target="_blank" href="http://www.deezer.com/fr/alain-bashung/bleu-petrole-A104644.html%20"&gt;Bleu pétrole&lt;/a&gt; n’est pas mon préféré, certes bon mais pas au niveau des deux derniers,  je ne sais pas s’il méritait un tel triomphe. En tout cas, c’était dur de le voir dans cet état. Assistais-je à une sorte d’enterrement préliminaire ?… La salle qui frappe frénétiquement des mains, Pascal Nègre qui en profite pour verser sa petite larme…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Demain, j’irais voir &lt;a target="_blank" href="http://www.monnaiedeparis.fr/images/expo/pdf/DP%20LaChapelle.pdf"&gt;l’expo&lt;/a&gt; &lt;a target="_blank" href="http://www.davidlachapelle.com/"&gt;David Lachapelle&lt;/a&gt; à la Monnaie de Paris,&lt;/b&gt; et je vais être obligé de feindre une culture générale en Art… On se rendra vite compte de l’imposture, mais que faire ?… Elodie rampe plus ou moins sur le sol (quelle feignasse, tout-même), elle me dit que je devrais mettre en ligne la première page de la pièce de théâtre qui a survécue. Il y a que la moitié qui a survécu, je lui rétorque. C’est déjà bien, elle me répond. Et elle a raison, j’ai perdu une bonne centaine de pages avec l’anéantissement mon disque dur externe y’à trois mois. Autant bichonner mes quelques vestiges en les exposant. Oui mais où ? Il va falloir que j’ouvre un nouveau blog… &lt;i&gt;Oui mais où &lt;/i&gt;?…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;– &lt;/i&gt;Tu veux que je te suce ?.. Me demande Elodie, qui pose sa tête sur mes genoux&lt;br/&gt;&lt;i&gt;– &lt;/i&gt;Un peu de retenue, je suis en train de t’écrire&lt;br/&gt;&lt;i&gt;– &lt;/i&gt;Je peux te réciter du Baudelaire&lt;i&gt;&lt;br/&gt;– &lt;/i&gt;Non-plus&lt;br/&gt;&lt;i&gt;– &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Et, vertigineuse douceur ! / A travers ces lèvres nouvelles / Plus éclatantes et plus belles / T’infuser mon venin, ma soeur !&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;br/&gt;– &lt;/i&gt;Par coeur quand même, bravo&lt;br/&gt;&lt;i&gt;– &lt;/i&gt;Ca épatera tes lecteurs&lt;i&gt; &lt;br/&gt;– &lt;/i&gt;Je fais quoi demain, pour l’expo, je joue le connaisseur ? &lt;br/&gt;&lt;i&gt;– &lt;/i&gt;Sois toi-même&lt;br/&gt;&lt;i&gt;– &lt;/i&gt;Vaste programme …&lt;/p&gt;
&lt;p align="right"&gt;jD&lt;/p&gt;</description><link>http://beauetbien.tumblr.com/post/84683521</link><guid>http://beauetbien.tumblr.com/post/84683521</guid><pubDate>Sun, 08 Mar 2009 22:20:00 +0100</pubDate></item><item><title>Photo</title><description>&lt;img src="http://12.media.tumblr.com/UUu5YOsd0ktl2baaYhhLcwdCo1_500.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description><link>http://beauetbien.tumblr.com/post/84644982</link><guid>http://beauetbien.tumblr.com/post/84644982</guid><pubDate>Sun, 08 Mar 2009 19:09:00 +0100</pubDate></item><item><title>Elodie, numéro deux</title><description>&lt;p align="right"&gt;—————————————————————-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Vingt-deux, dix-sept,&lt;/b&gt; dans mon salon, devant la télé. Vérifie mes SMS, pas d’accusés de réception : visiblement, Élodie a éteint son cellulaire. Ma molaire de gauche me lance. L’idée même de cuisiner me paraît insupportable, préfère me gaver de pistaches et autres cochonneries, restes culinaires de ma crémaillère qui n’a jamais eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Faut que je me dépêche,&lt;/b&gt; dans une heure je prendrais le bus 108, puis RER A, direction gare de Lyon pour l’Idnight, déclinaison « Jeune » et « fun » de la ligne low-cost des chemins de fer français, la nuit. Jeune parce que pas cher, car le jeune est pauvre (quinze euros, mon billet pour Montpellier). Jeune qu’on vous dit, donc discothèque pour faire « la fête » dans un wagon, et bar pour rencontres « colorées » dans un autre. Niveau son, un deejay « branché » opérera jusqu’au petit matin, c’est promis, c’est marqué sur le billet. Parce que si je pars à 23h47, c’est pour arriver à 7h45 : il y a donc du temps à tuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Zero-un, Zero neuf.&lt;/b&gt; J’écris ces lignes en direct de ce fameux train assuré top tendance. TGV dernière génération à la vitesse d’un TER, lumière tamisée, rose et violet. Mais cela n’a rien de branché, ce truc, y’a que des pauvres, de vingt à cinquante ans. Personne au Bar, personne dans le coin discothèque. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Voiture six, Bas, Place quarante sept,&lt;/b&gt; tout le monde essaye de dormir comme il peut sur son siège. J’ai envie d’aller pisser, mais j’ai peur qu’on vole mon Macbook. J’y vais quand même. C’est là que je retrouve Elodie dans la sept, qui elle aussi attend son tour, côté dame. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;i&gt;–       J’ai essayé de te joindre…&lt;br/&gt;–       Ca va, Jocelyn, je n’ai pas de compte à te rendre&lt;br/&gt;–       Qu’est ce que tu fous là ?&lt;br/&gt;–       Eh bien, tu voulais me joindre, non ?&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Imparable.&lt;/b&gt; Cette peste d’Élodie s’amuse à prononcer mon prénom à tout bout de champ dans l’unique but de m’amoindrir, technique épurée, ô combien efficace. Prenant le dessus en deux malheureuses phrases, je n’avais plus qu’à me laisser guider, dominer même. &lt;br/&gt;Je t’enjoins, je te contrôle, faible éphèbe, « allons donc boire un verre à six euros cinquante dans  l’Idlounge » qu’elle me dit, en passant délicatement sa main dans ses cheveux châtains foncés. « Bonne idée », répondis-je maladroitement, comme si j’avais le choix, et là, elle a sourit : tu l’as vu.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Objectivité oblige,&lt;/b&gt; je me dois de rectifier : une bonne trentaine d’abrutis se trémoussent vaguement en criant très fort dans la zone dancefloor du convoi, et comme l’endroit est minuscule, ça fait beaucoup, et l’on crie au génie. J’espère tout de même que ces crétins cesseront ce raffut un moment ou un autre ; mon siège est juste en dessous et je compte bien dormir quelques heures avant Montpellier. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;i&gt;-        Tu es grossier, et tu râles tout le temps &lt;br/&gt;-        Grossier ? t’es gonflée, j’utilise souvent des mots compliqués&lt;br/&gt;-        Tu ne sais les utiliser, et tu continues à râler…&lt;br/&gt;-        Je ne vais pas arriver à dormir&lt;br/&gt;-        Qui t’as dit que t’allais dormir ? &lt;br/&gt;-        Je suis fatigué&lt;br/&gt;-        Suis-je plus insignifiante que ton sommeil ?&lt;br/&gt;-        Bon, c’est quoi le programme alors ?&lt;br/&gt;-        Rien. Pas de sexe dans les toilettes, on discute et c’est tout. Je suis heureuse de te revoir&lt;br/&gt;-        Moi aussi…&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;&lt;br style="font-weight: bold; color: #993300;"/&gt;&lt;b&gt;Parler de tout, de n’importe quoi, &lt;/b&gt;le temps d’un trajet. L’outil cinéma est un excellent moyen pour converser sans trop de danger. Dans le genre question facile : dis, t’as vu le dernier Woody ? Bin, c’est bien écrit, les acteurs sont géniaux, mais le scénario bateau… Je veux dire, &lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/x5tj78_vicky-cristina-barcelona-trailer_news" target="_blank"&gt;Vicky Cristina Barcelona&lt;/a&gt;, c’est quand même une pub gigantesque fomentée par l’office de tourisme de Catalogne ; surenchère d’instants cartes postales : oh les amoureux sont au Palais Güell, oh ils s’embrassent à la Casa Milà, tiens, il dinent au Barri Gòtic… Le tout avec des images très propres, où les guitaristes de flamenco ont tous des gueules de Gypsy King, auréoles de transpiration exceptées. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;(un benêt traverse la voiture tant bien que mal, complètement saoul, en hurlant &lt;i&gt;« po-po-do-po-po-pooo-pooooo »&lt;/i&gt;) &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/relevance/search/entre%2Bles%2Bmurs/video/x5u10v_entre-les-murs-palme-dor-2008_shortfilms" target="_blank"&gt;Entre les murs&lt;/a&gt; ? C’est l’exemple parfait du film intelligent, malin, fin, politiquement correct, surtout envers les profs (tous jeunes, beaux, courageux, dévoués, pédagogues, sévères mais pas trop, bien comme il faut). Consensuel et bien foutu je te dis, seulement voilà, on s’emmerde ferme. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;i&gt;-      Eh toi, t’as vu ? Livni est incapable de fabriquer une coalition, la nulle.&lt;br/&gt;-      Oh ca va hein, tu sais que ton Ahmadinejad est mourant ? &lt;br/&gt;-      N’importe quoi, et il est pour Obama. &lt;br/&gt;-      Bah, comme tout le monde. &lt;/i&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;&lt;br/&gt;Y’a un truc qui me fascine en ce moment&lt;/b&gt;, c’est «&lt;a href="http://www.nyse.com/events/1224844301202.html" target="_blank"&gt; l’opening bell &lt;/a&gt;» et le « &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=oWVe32nJYqQ" target="_blank"&gt;closing bell &lt;/a&gt;» du New York Stock Exchange, la bourse de Wall Steet. Ces cérémonies censées symboliser la puissance et l’optimisme de la finance américaine tournent à l’absurde en pleine crise (mon amour). Chaque jour, c’est un florilège de sourires bright et d’applaudissements itératifs et mécaniques, si peu sincères et tellement hilarants. Les mecs, ils applaudissent deux fois par jour leur propre chute, et plus elle est sévère plus ils y vont gaiment. C’est la méthode Coué, je vais bien, tout va bien, certes ça se casse la gueule et même Sarko vire Marxiste, mais laissez-nous montrer nos jolies dents, pendant qu’il est encore temps. Et… Elodie… Elodie ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;( Zero sept, vingt. Montpellier Saint Roch dans dix minutes dit la voix du train. Elle s’est endormie, je la regarde, et la laisse dans le train. )&lt;/p&gt;
&lt;p align="right"&gt;jD&lt;/p&gt;</description><link>http://beauetbien.tumblr.com/post/83529323</link><guid>http://beauetbien.tumblr.com/post/83529323</guid><pubDate>Wed, 04 Mar 2009 19:43:00 +0100</pubDate></item><item><title>Élodie, Part one</title><description>&lt;p align="right"&gt;—————————————————————-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;&lt;i&gt;J’ai fait un rêve érotique avec Tzipi Livni, la future dirigeante Israélienne, pas plus tard qu’hier soir, tu le crois ça ?…&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Oh, moi c’est pire, elle me dit en riant. Je crois que je suis tombée amoureuse de Mahmoud Ahmadinejad. C’est horrible hein ? Mais je n’y peux rien, dès que je l’aperçois sur Al Jazeera je deviens folle, je le trouve super sexy, quoi qu’il balance, je suis fan.&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Dis, je ressemble un peu à Ahmadinejad, non ?&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Bof, tu n’as même pas de belle barde brune d’islamiste…&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Bon, peut-être, mais j’ai de l’opium et de l’uranium enrichi dans mon studio !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Ah ouais ? On va voir ça.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;/&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;J’imagine, une rencontre improbable qui s’engage un peu comme cela, au détour d’un sombre et long couloir.&lt;/b&gt; Tiens, je vais l’appeler Elodie. Elodie, donc, fille d’un père neurochirurgien réputé et d’une avocate franco-sénégalaise dépressive, a passé son enfance dans le neuvième, et son adolescence dans la quartier de Trastevere à Rome. Elle valide sa licence de droit à la «&lt;i&gt;Sapienza&lt;/i&gt;», poursuit son Master à &lt;i&gt;Assas&lt;/i&gt;.  &lt;br/&gt;Elodie collectionne les robes couleur prune, aime trainer dans des soirées  de jeunes riches, comme dans un livre de Cecily von Ziegesar, s’ enchainer nombre de&lt;i&gt; Planters punch&lt;/i&gt; qui entaillent les neurones. Elodie ne manque de rien, sinon d’une solide raison de vivre, qu’elle pense – pourquoi pas – trouver dans la politique. Il n’y a rien de plus beau de se battre pour des idéaux, dites, franchement hein ?…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;-&lt;i&gt; Bof tu sais,&lt;/i&gt; moi j’adhère à la philosophie du film « L’aventure c’est l’aventure ». Mon idéal est d’en avoir aucun. La politique, ce gros tas de foin qu’on appelle « politique », faut s’en servir, plutôt que servir je ne sais quelle cause au nom de l’intérêt soi-disant commun. Le vrai pouvoir, c’est d’assister tous ces gens qui aspirent à l’avoir.  Je n’ai plus d’idéal, je ne suis fanatisé par aucune cause, et suis prêt à toutes les servir pour le seul profit.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;-&lt;i&gt; N’importe quoi,&lt;/i&gt; qu’elle me répond.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Je nous imagine traverser le jardin du Luxembourg. &lt;/b&gt;Plus ringard, tu meurs. Avec elle, longer les orangers et les appartements de sénateurs. Entre les marmots qui se tapent dessus et les vieux qui se disputent, au soleil couchant d’une fausse grisaille, j’observe discrètement la coloration de ses cheveux, ses petits penchements de têtes et ses sourires faussement dissimulés.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- &lt;i&gt;Lundi dernier, j’ai vu la crise en direct.&lt;/i&gt; Sur &lt;i&gt;CNN&lt;/i&gt;, avec le rejet du plan de sauvetage financier de la dernière chance dit « &lt;i&gt;Paulson&lt;/i&gt; » à 700 milliards de cacahouètes. Après un week-end de négociations, qui a vu les points de vue démocrate et républicain se rapprocher, et un accord émerger, tout le monde pense légitimement que, cette fois,   sûr de sûr, les loulous c’est dans la poche. La présentatrice de la chaine est confiante, l’analyste financier cravaté à côté d’elle, aussi : &lt;i&gt;« ca va être serré mais ça va passer » &lt;/i&gt;nous confirme-t-il avec un sourire apaisant. &lt;br/&gt;On assiste donc, en « &lt;i&gt;live&lt;/i&gt; » et dans la bonne humeur, au décompte qui se fait au fur à mesure que les élus votent. Au début le « oui » a une bonne trentaine de voix d’avance, une vingtaine, puis une dizaine, et puis, tadam, le « non » prend la tête ! A partir de ce moment, c’est la panique. Les investisseurs de Wall Street lâchent définitivement l’affaire, et le Dow Jones entame immédiatement une chute que l’on nommera d’une voix grave et langoureuse : « &lt;i&gt;vertigineuse&lt;/i&gt; ».   &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;S’en suivent trente minutes de télévision assez incroyables,&lt;/b&gt; où l’on voit sur un même écran l’écart entre le « oui » et le « non » s’élargir, la bourse dégringoler à vue d’œil, et les commentateurs de &lt;i&gt;CNN&lt;/i&gt;, quelque peu remués, réellement excités, répéter « qu’ils n’avaient jamais vu ça ». Une sorte de réaction en chaine parfaite, qui détruit tout sur son passage et semble impossible à arrêter. Des vagues de points s’écrasent en quelques minutes constituant, selon les spécialistes, la plus grande chute de l’histoire de Wall Street. Waw. Au final 228 contre 205, et 770 points en moins. Badaboum. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;Les médias adorent cette crise,&lt;/b&gt; c’est spectaculaire et ça fait peur, comme les guerres, les attentas, ce genre de choses.  Je commence moi même à en être accro, je me surprends à passer des nuits d’insomnies devant Bloomberg TV ; au lieu de compter les moutons, je compte les multinationales qui plongent. Une semaine après, on nous annonce que le plan Paulson est finalement passé, zut !… Mais que la crise est loin d’avoir dit son dernier mot …  Ouf ! Parce que moi je l’aime, cette crise, et ne veut en aucun cas la voir partir. &lt;br/&gt;&lt;b&gt;&lt;br/&gt;Je m’explique : &lt;/b&gt;il s’agit d’une purge, elle a donc de vrais effets bénéfiques. Par exemple, dans la reconstruction d’un capitalisme plus humain, mieux régulé, dans l’élaboration d’une authentique Europe politique, économique.  Malgré les dommages collatéraux, forcément dommageables. &lt;br/&gt;&lt;i&gt;&lt;br/&gt;- C’est d’une délicieuse simplicité ce que tu racontes, un peu crétin et relativement dangereux, mais au moins, cela prouve que tu as encore quelques idéaux, me lance t-elle nonchalamment. &lt;br/&gt;&lt;br style="color: #000000;"/&gt;- Peut être…  Et toi, tu fais quoi de tes journées ?  (j’essaye de changer de conversation) &lt;br/&gt;&lt;br style="color: #000000;"/&gt;- Moi, je fais croire à des garçons qu’ils peuvent sortir avec moi, avant de les humilier en leur disant que finalement non &lt;br/&gt;&lt;br style="color: #000000;"/&gt;- Génial, je vais tomber amoureux de toi. &lt;br/&gt;&lt;br style="color: #000000;"/&gt;- Ouais, j’ai compris cela, ta passion immodérée pour les amours impossibles… Comme cette brune aux yeux verts cet après midi, qui pourtant parlait de son mec à chaque fin de phrase&lt;br/&gt;&lt;br style="color: #000000;"/&gt;- D’accord c’est vrai, je cours après les échecs annoncés. Mais quand même, elle est jolie, cette brune aux yeux verts… &lt;br/&gt;&lt;br style="color: #000000;"/&gt;- Et moi alors ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Toi, c’est différent, tu n’existes pas. Ou pas vraiment. Tu as été créé pour mon bien. Tu es ma copine chimérique, mon alter-égo littéraire. Je te le rappelle, on vient tout juste de se rencontrer dans les couloirs de la faculté, et là, on va dans mon studio afin de faire l’amour sur mon clic-clac IKEA. Et tu aimeras cela, puisque tu n’existes pas. Ensuite, on parlera du devenir des radios indépendantes, des séries américaines à l’eau de rose, de Machiavel, de Michel Rocard, de Paul McCartney et de Roméo Castellucci, jusqu’au bout de la nuit, et ça te plaira, car tu n’existes pas.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;/&lt;br/&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Instants délicieux, partagés. Désir mutuel, mutuel parce que tu n’existes pas.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align="right"&gt;jD&lt;/p&gt;</description><link>http://beauetbien.tumblr.com/post/82325724</link><guid>http://beauetbien.tumblr.com/post/82325724</guid><pubDate>Sat, 28 Feb 2009 20:11:00 +0100</pubDate></item></channel></rss>
